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Prière de l’atelier CVX justice pour le mois de janvier 2020

Avec nos vœux les plus fraternels, voici la prière qu’Hugues, avocat à Paris, nous offre en cette nouvelle année.

En ce premier jour de l’année, prenons le temps de nous arrêter, de nous poser un instant, un moment, devant Celui qui Est, qui Etait et qui Vient,

pour regarder le chemin parcouru,

pour dire Merci pour cet atelier, pour les rencontres, pour notre travail au sein de la justice,

pour demander Pardon pour notre justice d’aujourd’hui et la grande souffrance qu’elle peut provoquer…. faute de moyens !

Voilà qu’aujourd’hui le Tribunal d’Instance est mort, le Tribunal de Grande Instance n’est plus…
Vive le nouveau Tribunal Judiciaire !

Avec ce nouveau nom, une justice nouvelle à inventer, à bâtir…

Alors, profiter de ce changement pour oser :
Oser une justice plus attentive à l’homme, au migrant, à l’écologie, à la planète.
Oser replacer le justiciable au centre pour une justice de qualité.

En ce premier jour de l’année j’ai rêvé d’une justice où qualité rimerait avec célérité…
Les délais de procédure sont de plus en plus scandaleux, révoltants, iniques… alors oserai-je profiter de la réforme pour mettre Dieu dans nos décisions,
ce Dieu qui se fait homme, qui se fait petit… tout petit,
ce Fils de Dieu qui nait dans un pays étranger…
ce fils annoncé par le Prophète Jérémie comme « Le Seigneur est notre justice » (Jérémie 23, 6)

Oui, en ce jour, demander au Seigneur la grâce de l’écoute et du discernement, pour que chaque  jour de cette année où le Seigneur nous appelle à œuvrer, chaque jour notre justice soit belle !
Faisons le pari que tous ensemble, chacun à notre poste, nous pouvons, nous devons faire que la justice soit belle.

Et je profite de ce jour, de ce temps particulier du changement, pour méditer ce texte du Juge qui se fait prier longtemps !
Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager: «Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander: “Rends-moi justice contre mon adversaire.”
Longtemps il refusa; puis, il se dit: “Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m’ennuyer: je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.”» Le Seigneur ajouta: «Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Est-ce qu’il les fait attendre? Je vous le déclare: sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre?» (Luc 18 1-8)

Et si, en ce début d’année, confiant notre pauvre travail, notre pauvre justice au Seigneur, je lui demandais la grâce d’être touché chaque jour, par ces justiciables qui crient vers nous jour et nuit ? Comment moi, juge, auxiliaire de justice, avocat, greffier, visiteur de prison, médiateur.. je peux prendre ma place, toute ma place, pour redonner espoir au justiciable, au prisonnier…

Ferai-je de cette année une année de mise en pratique de la Parole ?
Me laisserai-je toucher par le Psaume « Il aura souci du faible et du pauvre… » (Psaume 72 (71), 13)

Alors vraiment ce nouveau Tribunal Judiciaire prendra du sens…

Et pour finir notre prière, nous osons redire en union avec chacun
« Notre Père…. »