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CVX – Atelier Justice – Invitation à la prière du 01/07/2016

Chers compagnons de l’atelier CVX Justice,

« Les apôtres se réunissent auprès de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Il leur dit : ‘ Vous autres venez à l’écart dans un lieu désert et reposez-vous un peu’. Car il y avait beaucoup de monde qui venait et repartait et eux n’avaient pas même le temps de manger. Ils partirent donc en barque vers un lieu désert, à l’écart » (Mc 6, 30-32).

En ce début d’été où radios et routes bruissent des premiers départs, où je m’apprête peut-être à partir, bientôt ou dans quelques semaines, à moins que je me rappelle avec mélancolie que je ne partirai pas cette année, contemplons cette invitation au repos qu’adresse Jésus à ses disciples. Nous la connaissons bien, comme nous connaissons l’origine divine de l’obligation au repos : « Le septième jour, Dieu, le créateur, se reposa » (Gn 2,2). Le droit au repos, désormais hyper-codifié tant par les lois que par les mœurs, peut donc être compris et vécu dans la perspective de l’invitation du Seigneur à partir à l’écart.

A l’écart, au calme, trouvé dans un lieu propice ou à défaut cherché en moi-même, pour contempler paisiblement ce qui s’offre à moi : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était bon » (Gn 1, 31). Le Pape François nous y invite à son tour : « La nature est pleine de mots d’amour, mais comment pourrons-nous les écouter au milieu du bruit constant, de la distraction permanente et anxieuse, du culte de l’apparence ? (…) Consacrer un peu de temps à retrouver l’harmonie sereine avec la création, à réfléchir sur nos styles de vie et sur nos idéaux, à contempler le Créateur qui vit parmi nous et dans ce qui nous entoure » (Laudato si, 225). Prions avec notre Pape pour que la grâce nous soit donnée en ce temps de vacances de retrouver cette harmonie, de contempler le Créateur.

Contemplation de la nature, pour ceux qui pourront s’en rapprocher, mais aussi contemplation des œuvres de l’homme, monuments, peintures, musiques et autre chefs-d’œuvre. Et, pour ceux que les astreintes de la vie tiendront éloignés de l’extra-ordinaire, humble contemplation de la beauté du quotidien et des exploits que chaque jour les hommes, mes frères, savent accomplir.

A l’écart, physiquement ou par un peu d’ascèse intérieure, pour chercher et trouver le repos en Dieu. Au rebours de la frénésie qui gagne parfois les vacances, saurai-je mettre à profit ce temps d’arrêt et entendre l’appel du Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi je vous donnerai le repos » (Mt 11, 28) ? Mon âme aussi a besoin de repos et de prés d’herbe fraîche (Ps 22). A l’écart, je goûte la tendresse du berger et laisse baigner mon âme dans les eaux limpides où il me conduit. Dans cette paix rafraîchissante, je me remémore les grâces reçues et me prépare à affronter d’autres dangers, « car ainsi parle le Seigneur Yahvé, le saint d’Israël : Par la conversion et le calme, vous serez sauvés ; dans la tranquillité, dans la confiance sera votre force » (Is 30, 15).

A l’écart et pour me reposer en Dieu, je comprends que sa grâce est première. Renonçant à tout devoir à mes vains efforts, je la laisse travailler en moi et trouve ainsi le repos. Je goûte ces moments et me rends attentif aux mouvements intérieurs qu’ils permettent de discerner.

Même si ce repos de l’âme en Dieu se trouve plus facilement à l’écart de la vie habituelle, avec le repos du corps et de l’esprit, je cherche, si cela ne m’est pas offert cette année, à procurer à mon âme quelques temps de vacances, m’efforçant de la mettre au vert même dans la chaleur et le bruit de la ville.

Et je m’unis par le cœur et la prière à mes frères à qui le repos du corps et de l’âme n’est pas donné, ceux qui resteront au travail pendant que je vaquerai, ceux qui, même en vacances, ne pourront se libérer de chaînes trop lourdes ou n’entendront pas l’invitation du Christ à porter son léger fardeau (Mt 11,30), comme à ceux qui dans ce monde souffrent, eux par qui se révèle le visage du Christ crucifié et que le temps du repos peut  me permettre de  rencontrer plus facilement.

Seigneur en toi seul est le vrai repos. Donne-moi la grâce d’y entrer, où que je sois. Si des vacances me sont données, je te rends grâce de pouvoir mieux contempler ton œuvre, dans la nature et dans mes frères. Aide-moi à me mettre à l’écart, pour rafraichir mon âme et préparer les jours à venir. « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi » (Saint Augustin, Confessions, I, 1, 1).

Très fraternellement,

Charles Louis et Dominique

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