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La restauration : de Cergy à Marseille

Lorsque j’ai été appelé pour participer à la préparation du congrès de Marseille, j’ai rapidement dit oui !

Je me sentais plein d’enthousiasme pour participer à cette grande aventure collective et communautaire ! Je savais aussi que je pouvais m’appuyer sur une large expérience professionnelle et associative particulièrement autour des questions touchant à la restauration. De plus, le souvenir de ce que nous avions vécu à CERGY était encore très présent :  l’expérience d’une restauration écologique, responsable et succulente, emportant l’adhésion de tous les participants émerveillés de ce pari écologique réussi.

Comment ne pas désirer participer à ce nouveau pari d’autant plus que notre Congrès allait être placé dans le dynamisme de l’encyclique Laudato Si’ ?

Aujourd’hui, alors que je suis embarqué depuis 40 mois comme membre de la communauté d’action dans cette préparation du Congrès, je peux vous dire que cette expérience n’est pas sans résonance pour moi avec la traversée du désert qu’a connue le peuple d’Israël… Tant d’inattendus qui sont venus freiner la joie du commencement, toute cette succession d’événements qui se sont ajoutés les uns aux autres entraînant des changements que nous n’avions pas anticipés : tout d’abord l’annonce du report du congrès CVX pour 2021. Puis, en mai 2019, la transformation du Congrès en rassemblement de toute la famille ignatienne. Ce qui a nécessité en septembre 2019 une nouvelle organisation centralisée bousculant ce qui fonctionnait précédemment.

Un changement d’échelle qui remet en question tout le travail déjà accompli par notre équipe… Source, vous l’imaginez bien, de tensions, d’incompréhensions de conflits et de combats intérieurs, sans oublier les nombreuses complications liées au COVID, qui entraînent pour l’accueil des participants au Parc Chanot, de respecter les normes sanitaires en vigueur, ce qui implique une impossibilité de faire de la cuisine sur place et de se servir dans un plat commun, tout devant être servi de façon individuelle : assiette ou sac.

Ces contraintes, j’ai eu du mal à les accepter avec ce qu’elles entraînent concrètement : il m’a fallu renoncer à ce que j’aurais désiré pour accueillir la réalité … Une forme de pauvreté à accepter…

Ce passage, c’est chacun de nous qui est invité à le faire. Ne cherchons pas à comparer avec nos expériences passées. Oui, nous dépendons d’un traiteur et de ses obligations : service à table, panier repas individualisé ou servi en assiette. Sans oublier le « repas surprise »!

Il nous faut voir la réalité : pas de préparation à base de produits locaux livrés bruts, pas de produits venant directement du producteur, pas de produits élaborés localement et proposés… Bref, nous sommes sous la dépendance du traiteur qui est responsable de ce qu’il nous prépare.

Cependant, au bout de ce chemin et des conversions qu’il m’a fallu vivre, je sais que l’essentiel nous attend à Marseille. Nous aurons la joie de découvrir cette ville singulière et ses habitants qui vont nous accueillir. Nous partagerons en écoutant des intervenants nous inviter à prendre davantage souci de la Création. Nous prierons et rendrons grâce avec nos cousins ignatiens et tous ensemble nous ferons la fête.

A bientôt à Marseille, dans la joie de vous accueillir

Vincent Bidart

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