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Aura lieu, n’aura pas lieu ???

Retour sur la journée de rentrée le 3 octobre 2020

Un scénario auquel nous sommes confrontés régulièrement depuis quelques mois… La journée de rentrée aura-t-elle lieu, et, si oui, sous quelle forme ? Un scénario qui invite à la souplesse et à l’adaptabilité…

Cette année, la journée de rentrée -réduite à une matinée – s’est tenue sous les auspices de « Zoom », ce logiciel mystérieux qui connaît ses heures de gloire depuis le confinement !

Faire une journée de rentrée par « Zoom », cela veut dire se réunir par petits groupes, proches géographiquement et peu nombreux, pour regarder sur ordinateur (ou sur grand écran pour les plus vernis !) une conférence, des débats, une prière, des infos… Le nombre total de participants a même dépassé le nombre de personnes qui s’étaient inscrites pour se retrouver à Dijon comme c’était initialement prévu, zoom permettant aussi à des personnes malades de suivre depuis chez elles.

Ne nous leurrons pas, la technique a ses limites ! Et dans plusieurs lieux, le temps de mise en place, de réglage du son et de l’image… a été trop important. De plus, apprendre à couper le micro quand quelqu’un d’autre parle, ou chante… demande un certain apprentissage, et donc ce n’était pas toujours au point. On aurait pu souhaiter, au cours de la matinée, moins de « Zoom » et plus d’échanges sereins dans chaque lieu.

Cependant, c’était beau d’avoir un aperçu de ces différents lieux de partage, de revoir des visages connus, de se sentir proches malgré tout.

 

Catherine Marchal, animatrice de groupes Zundel sur Dijon, nous a d’abord présenté sa vie. « C’était un mystique, enraciné dans le réel. Un poète, théologien, artiste. Il aimait la musique, éprouvait une ‘musique intérieure’. Il était en quête insatiable de vérité et d’émerveillement ». Puis elle a lu et commenté l’une de ses homélies : « Naître de nouveau pour accomplir l’univers ». Ce texte nous invite à lâcher tout ce qui nous « colle » à nous-mêmes, à notre passé, pour regarder en avant de nous, pour créer notre vie et devenir véritablement nous-mêmes dans un lien d’amour avec Dieu.

Nous avons ensuite échangé en petits groupes à partir de ce texte, sur cette nouvelle naissance à laquelle Jésus invitait Nicodème (Jn 3) et à laquelle il nous invite aujourd’hui.

Quelques échos de ces partages :

Aller de l’avant. Oser. Tout reste à faire. Nouvelle naissance à construire chaque jour. Se laisser ressourcer. Etre co-créateur. En lien avec un renouveau de l’Eglise ?

Quelques phrases citées par Catherine Marchal ont été reprises :

« Dieu vient de l’avenir ». « Seigneur, fais que je ne te laisse pas mourir en moi » (Etty Hillesum). « Nous allons de naissance en naissance » (Christian de Chergé).

 

Des souhaits ont été émis :

– partager en CL à partir d’un texte de Maurice Zundel

– créer un groupe de réflexion Zundel, en lien avec l’association Maurice Zundel France

– réfléchir en CL ou au niveau régional sur le thème de la pauvreté, central dans l’œuvre de Maurice Zundel. Il existe de nombreuses formes de pauvreté (matérielle, spirituelle, relationnelle, intellectuelle, sociale…). Choisir la pauvreté n’est certes pas une apologie de la situation de misère, mais un appel à se désencombrer de soi pour laisser la place à Dieu et aux autres, pour vivre une sobriété heureuse, pour être co-créateur avec Dieu (Laudato Si’).

 

Nous avons beaucoup parlé de cette nouvelle naissance, mais comment la vivre, comment sortir de soi ? Maurice Zundel donne des pistes pour cela dans un autre de ses textes, cité dans l’un des groupes :

« Demandons cette grâce que tout commence aujourd’hui, que notre vie s’éternise comme un présent donné, qu’il n’y ait plus de retour sur nous, sur notre passé, plus de regrets des choses qui ne sont plus, mais cette décision ferme et inébranlable de faire de notre vie un chef-d’œuvre de lumière et d’amour, comme sainte Thérèse, comme saint François, en étant simplement là, au milieu des hommes, au milieu de notre famille, de notre bureau, de notre atelier, de notre nation, d’être simplement là comme une présence qui atteste (celle de Jésus-Christ) et qui porte le sourire et la lumière de son amour. »

 « Vivre Dieu – l’art et la joie de croire » p.77

 

Malgré le poids des contraintes techniques et la privation de temps plus conviviaux (pause café, repas…) la matinée a été vécue avec gratitude par beaucoup, donnant l’élan pour cette nouvelle année, différente dans ses formes, mais où l’essentiel demeure, « cette merveilleuse aventure d’une création toute neuve, qui doit jaillir à chaque instant de nos mains et de nos cœurs. »

Sophie Machet

Bibliographie

  • de Boissière, F.M. Chauvelot : « Maurice Zundel – biographie »
  • Zundel : « Quel homme et quel Dieu ? » (retraite au Vatican)
  • Zundel : « Ta parole comme une source » (temps liturgiques)
  • Zundel : « Ton visage, ma lumière »