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Notes des conférences proposées par la CCBF – 26 septembre 2020

Samedi 26 septembre j’ai assisté aux conférences proposées par la CCBF, conférence des catholiques et baptisés de France.

 

J’ai trouvé cela très intéressant, intellectuellement stimulant. Je note en particulier la présence des témoins allemandes mais aussi les éclairages divers de prêtres, sociologues, théologiens…

Je m’attendais à des prises de position polémiques et cela a été peu le cas.

J’ai été touchée par le fait que le Christ était régulièrement présent dans les paroles des uns et des autres et ai senti chez plusieurs orateurs l’amour de l’Eglise et un désir de ne pas en rester au constat de la séparation entre catholiques identitaires et catholiques d’ouverture.

 

Vous lirez ci-dessous mes notes prises à l’écoute, donc un peu décousues

Je retire de cette journée l’invitation à creuser toujours plus la Parole comme base du dialogue, à écouter et à ne pas désespérer : être attentif au surgissement du neuf

 

Loïc de Kerimel

Distinction entre les deux manières d’organiser un collectif, Babel autorité reçu d’en haut ou Pentecôte auto organisée.

Tournant vécue par l’Eglise aux troisième et quatrième siècles, (citant en particulier J. Moingt). À cette époque l’Eglise a importé en son sein la hiérarchie des ordres, la distinction clercs-laïcs, l’exclusion des femmes et la conception sacrificielle du culte central « Au troisième siècle l’ancien a submergé le nouveau »J. Moingt

 

Julia Knop

Les quatre thèmes du processus synodal en Allemagne :

– pouvoir et séparation des pouvoirs

– mode de vie des prêtres

– morale sexuelle

– femmes dans les postes de l’Eglise

 

Le synode a deux directeurs spirituels, un jésuite et une femme ; le président et le vice-président de la conférence épiscopale participent aux travaux.

Un tiers d’évêques parmi les participants, un tiers de femmes et pour les décisions il faut une majorité d’évêques et une majorité de femmes ; mais il y a des minorités de blocage et les décisions n’ont pas d’effet juridique pour les évêques.

 

Julia a cité trois tensions :

– le défi de réunir évangélisation et structuration interne, il y a une mission intérieure, la réforme de la structure à la lumière de l’Évangile

– la démocratie dans l’église

– la gestion des pouvoirs, aller vers une séparation des pouvoirs.

 

Robert Scholtus

Prêtre du diocèse de Metz qui a longtemps été formateur de prêtres et vit très douloureusement les suicides de prêtres qu’il voit comme un symptôme de la crise.

Il a invité à se taire pour écouter l’inouï de la parole, considère que le confinement aurait pu être l’occasion d’un jeûne liturgique en signe d’expiation, pour un retour à l’essentiel.

Le confinement a permis de voir des chrétiens adultes et des non pratiquants avec des questions hautement spirituelles.

Robert Scholtus a regretté que la multitude des moyens virtuels aient conduit à des mises en scène et à peu de silence, créant l’image d’une Église machine à faire fonctionner.

Il invite à revenir au sens du baptême

Il mentionne les prêtres hantés par la crainte d’être nommés dans de grosses paroisses ou structures car ils ne veulent pas devenir des mécaniciens.

Comment changer ?

Reprendre souffle, changer d’esprit, la réforme doit être spirituelle, il faut consentir à l’effondrement pour une nouveauté. Sortir des ornières dogmatiques, des obsessions morales, des crispations identitaires pour aller vers l’Évangile.

Ouvrir des espaces à Dieu.

La synodalité c’est une théologie en dialogue.

Il nous faut un christianisme pour le monde et sortir du « catholicisme des brocantes », se délivrer de rapports infantiles à l’autorité.

 

Jean-Louis Schlegel

Sociologue des religions

Il a décrit les différences entre la France et l’Allemagne, deux pays avec des nombres de pratiquants très bas.

En Allemagne, les révélations de pédophilie ont été ressenties douloureusement globalement par toute la société et pas seulement par l’Eglise.

En France, il n’y a pas de comparaison avec les protestants et nous avons été plus secoués par toutes les révélations concernant des fondateurs de communautés nouvelles.

En Allemagne la réflexion est plus théologique sur ce sujet : comment en est-on arrivé là ?

Le chemin synodal en Allemagne n’a pas été décidé par la conférence des évêques et il est géré par des laïcs même si les évêques ne sont pas tenus par les conclusions.

Jean-Louis Schlegel regarde les critères objectifs de diminution d’empreinte de l’Eglise : le nombre de pratiquants, le nombre de prêtres, les vocations des religieuses et la différence entre église de ville et église de campagne.

Il cite l’église bourgeoise avec comme exemple le nombre de noms à particule parmi les ordinations d’aujourd’hui

 

Enfin il trouve l’Eglise très focalisée sur les questions de bio éthique

 

Dorothea Sattler

Très impliquée dans l’œcuménisme, il fait partie de la commission femme du chemin synodal allemand et est membre du ZBK.

Qui a confiance en Dieu ne peut se perdre sur son chemin.

Encouragements à la démarche synodale : invitation du Pape à échanger sur la famille, l’Amazonie même si les procédures n’étaient pas très ouvertes.

Elle rappelle le pape disant qu’il est important d’apprendre à écouter.

Il est plus facile d’apporter des réponses aux questions de structure qu’à celles d’anthropologie.

Le processus est peut-être plus important que le résultat, c’est fort de pouvoir discuter en public sereinement.

 

« Je suis sûr qu’il n’y a pas d’autre chemin que le bien, mais parfois je ne sais pas si je suis sur un chemin » poète allemand.

 

Jean-Louis Schlegel

Le chemin synodal est une question de salut, il ne concerne pas seulement le fonctionnement de l’Église, sa bureaucratie, son organisation

Il s’agit d’éviter à l’Eglise de mourir et la question est très urgente.

Le synode c’est l’heure des laïcs, une invitation aux prêtres et surtout aux évêques à sortir de leur positionnement sacral ; il ne s’agit pas de les diminuer mais que chacun trouve sa juste place.

Il mentionne le protestantisme, église chrétienne existant avec une place des femmes très différente depuis longtemps.

Le changement permettrait aussi aux prêtres d’avoir une vie plus équilibrée.

Ça ne serait pas la solution définitive à tout car nous sommes tous des pécheurs.

Il ne voit pas comment un tel synode pourrait avoir lieu en France car il n’y existe pas d’équivalent du comité central des catholiques qui existe depuis plus de cinquante ans en Allemagne.

Les mouvements d’action catholique ont perdu en influence, n’ont pas été soutenus au moment où les évêques soutenaient les communautés nouvelles et les mouvements d’action catholique n’étaient pas dans une contestation.

Il décrit une église catholique partagée entre catholiques d’ouverture et catholiques identitaires.

La majorité du recrutement des prêtres venant des catholiques identitaires via souvent les communautés nouvelles et ce sont les pratiquants les plus réguliers, les plus jeunes.

Les catholiques d’ouverture s’éloignent de la liturgie.

La conférence épiscopale elle-même est divisée et les plus jeunes sont plus identitaires.

 

Nicola de Brémond d’Ars

Prêtre, approche sciences humaines

La désertification des messes rejoint le taux de pratique historique.

La crise du clergé se manifeste par le nombre, par les scandales, le manque de culture générale : beaucoup ne lisent pas de livres.

On a une crise de positionnement de la parole ecclésiale : depuis les années 70, l’État parle de la famille ce qui était avant le territoire de l’Eglise.

Dans les paroisses, tout fonctionne autour de la liturgie, la catéchèse est organisée en vue de l’Eucharistie ; les communautés chrétiennes de Poitiers organisées par Albert Rouet allaient vers un autre modèle de paroisse.

Il y a urgence à réinventer un lien entre l’exercice du pouvoir et les sujets du pouvoir.

Quelle doit être la source de la vie chrétienne ? l’interprétation de la Bible.

Les catholiques identitaires fonctionnent sur le catéchisme et la Bible y est seulement l’illustration du catéchisme.

 

Quels objectifs poursuivons-nous ?

Nous entrons dans une nouvelle façon de voir le monde (dont l’écologie) donc préparons les catholiques à affronter ce nouveau monde.

Sur quel fondement ? Sortir de la glose développée depuis le XIXe siècle qui est l’interprétation habituelle des écritures.

Avoir une pensée libre, réfléchie, fidèle à l’Évangile et à l’écoute de l’esprit.

Il s’agit de mobiliser de l’intelligence collective, à l’opposé d’une parole venant d’en haut.

 

Table ronde

À propos du synode en Allemagne la majorité des catholiques cherche le renouveau, la réforme

Espérance que le synode de Rome sur la synodalité ne soit pas un synode d’évêques sur la synodalité entre évêques.

 

Pourquoi la France est devenue conservatrice ?  Phénomène lié au séisme de la disparition de beaucoup de prêtres ; certains ont mis en évidence la réponse « nous sommes allés trop vite » et on a arrêté l’expérimentation en liturgie au cours des années 80

Il y a eu un repli sur les liturgies classiques et les évêques ont été nommés avec un déséquilibre du côté conservateur dans les années 90 à 2000

En Allemagne la majorité des évêques favorise le chemin synodal

En France il y a eu aussi mai 68 qui a conduit à des départs, à une politisation, et le côté spirituel a manqué ; le côté spirituel a été repris par les charismatiques et les pentecôtistes ; les mouvements de l’action catholique se sont effondrés.

Les non conservateurs partent aujourd’hui sur la pointe des pieds au lieu de résister comme le faisaient les anciens.

 

Robert Scholtus :

Un optimisme au long cours s’impose à nous, il faut regarder l’horizon du royaume, ne pas s’installer dans la déploration, dans un catholicisme grincheux ou la contemplation des ruines.

Regarder les petites nouveautés, je mets ma confiance dans le neuf, dans ce qui fait irruption

 

Nicola de Brémond d’Ars :

Il y a un vrai risque de séparation en France dans l’église (comme dans la société, voir le livre l’archipel français)

A quel niveau le risque d’explosion va se résoudre ? C’est à trouver ! C’est la même question que pour la France.

Nécessité d’un approfondissement spirituel et un travail en profondeur pour se situer dans une dynamique de commencement.

 

Christine Beaude

 

 

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