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Université d’été de Nantes : oser la rencontre

« Une main fermée sur sa possession  ne peut recevoir ce qui se donne à elle »
Guy Aurenche

Comme à Toulouse et à Lille, il y a eu, du 23 au 25 août,  les Universités d’été à Nantes, avec une participation nombreuse et diversifiée, oscillant entre 110 personnes et 150 personnes. La proposition était modulaire. Le clou étant la journée du samedi avec la possibilité de rencontres multiples aussi bien des exilés, arrivant ou déjà bien installés, que des membres des associations partenaires

Le programme de l’UE de Nantes

L’initiative de l’Université d’été Nantes Rennes  s’est développée à partir d’un petit groupe de compagnons déjà bien impliqués dans cette question, surtout des nantais. Ces personnes ont réussi à impliquer des membres de leurs associations aussi bien le Secours Catholique, le JRS, le CCFD-Terre Solidaire que de plus petites association comme « Avec », association impliquée dans l’intégration des Roms sur Carquefou, là où se trouve le lieu de la rencontre : l’Icam de Nantes. Cette implication a permis de co-construire de bout en bout. Le choix a été fait à Nantes de proposer la démarche de relecture plutôt à la fin que tout du long…

Le groupe de préparation a fait le choix d’aborder surtout la question de la rencontre des Migrants. Et nous avons eu la chance tout au long de la journée du samedi de pouvoir suivre le cheminement des migrants, notamment avec un exposé du Père Antoine Exelmans du diocèse de Rennes, en service au nord du Maroc, à la frontière algérienne. Il a pu nous dire en quoi consistait la vie des réfugiés, exilés, à ce moment de leur parcours, mettant en avant la soif de vivre qui avait été le ressort de leurs départs et la raison de leurs rebonds, notamment au Maroc.

Le Père Antoine Exelmans, en service au nord du Maroc, à la frontière algérienne avec deux témoins

Ensuite, lors de rencontre des associations, nous avons écouté le témoignage de personnes en cours de régularisation, avec l’enjeu de trouver son propre style de vie, de relation. Entendre combien la proposition de demeurer trois mois stable, même si ce sera trois fois un mois, donne de se poser, de se retrouver, de se projeter. A la fin de la journée une table ronde, nous a permis d’échanger avec trois personnes, maintenant installées en France, travaillant ou avançant dans leur cursus de formation supérieure. Une personne est devenue restaurateur après avoir suivi une formation en France. Ayant ouvert deux restaurants, elle est à l’origine d’une dizaine d’emplois créés.  Des paroles simples et honnêtes sont échangées qui peuvent laisser émerger les surprises, notamment le témoignage du désarroi des jeunes français côtoyés, qui font la fête (alcool) sans grande perspective de projet de vie… De toute cette journée, la plus forte pour moi, j’en retire une soif de la vie, avec l’acceptation de traverser l’incertain, l’inconfort, le risque, de la part des migrants rencontrés qui contraste avec la perte de repères que nous vivons nous-mêmes, ainsi que nos plus jeunes.

Rencontre avec des personnes migrantes

Lors de la rencontre de l’association « Avec », la narration d’une approche très modeste, le pas possible en fonction des Roms et des moyens. Ainsi pour ne pas violer l’intimité familiale mais avoir un lieu de rencontre pour les devoirs l’acquisition d’une caravane, la découverte des enjeux progressifs : l’acquisition de la langue, le sérieux dans les études en luttant contre l’absentéisme, l’accompagnement dans les démarches administratives avec la gestion aussi de la communauté communale parfois effrayée du contact avec les Roms, pour cela saisir toutes les occasions mêmes modestes de communication… Une tranche simple de vie qui fortifie les relations des membres de l’Association. 

Rencontre avec des personnes migrantes

Le lendemain, Jean-Marie Carrière, jésuite, qui a contribué au lancement de JRS Welcome et qui est exégète nous a aidés en prendre la mesure de l’enjeu de l’inversion qui est au cœur de l’accueil. Se laisser accueillir par celui que j’accueille, me remet dans la vraie dimension de la vie qui est une recherche de sa source, loin de l’enfermement que peut représenter un monde trop organisé, trop sécurisé.

De ce parcours riche, chacun a pu tirer pour lui le pas potentiel à vivre à partir de ce qui l’a touché. Souvent l’enjeu était bien de savoir sortir d’une attitude trop confortable et trop enfermante pour se retrouver dans l’ouvert de sa vie. Le Pape François voit juste lorsqu’il parle du confort qui nous conduit à l’indifférence. La vie n’est vraiment la vie, pour chacun, que si elle est quête, exode. 

Que dire de plus, si ce n’est que Corinne et Hervé ont été des animateurs pleins d’humour, de délicatesse et de gentillesse… que le café pouvait couler à flot et a été très apprécié, tout comme la nourriture préparée par l’Incubateur, association pleine de créativité, générant les situations formatrices et responsabilisantes pour les migrants travaillant pour elle.

Corinne et Hervé ont été des animateurs pleins d’humour, de délicatesse et de gentillesse

Moment riche et simple, fraternel et léger, où chacun de fait a pu vivre la rencontre, et percevoir, je pense, le petit pas qui s’offrait à lui. Pour ma part, dire encore plus oui à ma situation de pèlerin, pour Claire, envisager un nouvel habitat ouvert à la rencontre… Merci à toutes les chaînes de « oui » qui ont permis ces temps de rencontre, de réflexion !

Jean-Luc Fabre, Assistant national

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