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Article week-end régional de la CVX Lorraine

La CVX de Lorraine a vécu son week-end régional annuel au centre spirituel diocésaine à Nancy les 23 et 24 avril 2016 sur le thème de l’encyclique du pape François « Laudato Si ». Isabelle JACQUES a présenté une lecture ignacienne du texte grâce aux documents d’Arnaud DUCREST de la CVX Loire Océan. Voici un résumé de son intervention.

 

Une lecture Ignacienne de « Laudato Si » :

  • Louer et ralentir
  • Unifier sa vie dans un mode de vie simple, Magis et décroissance
  • L’option préférentielle pour les pauvres
  • Choisir le plus urgent et le plus universel
  • Agir au niveau politique

 

Louer et ralentir

Le début de l’encyclique rappelle le début de Principe et fondement : « L’homme est fait pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme ». Le respect de la création est, pour le pape François, la condition du respect de l’homme lui-même. Si je ne prends pas le temps d’admirer et de louer la création, je ne pourrai pas la respecter pour ce qu’elle est. Il nous demande de « Ralentir la marche pour regarder la réalité d’une autre manière ». C’est une remise en cause de l’augmentation du rythme de production, de la productivité, donc de la croissance. Il critique le paradigme technocratique sans pour autant rejeter les progrès obtenus par les avancées technologiques. Mais l’immense progrès technologique n’a pas été suffisamment accompagné d’un développement de l’être humain en responsabilité, en valeur, en conscience. Le pape dénonce une vision du monde homogène et unidimensionnelle.

 

Unifier sa vie dans un mode de vie simple, Magis et décroissance

Ignace nous demande d’être indifférents à devenir riche ou pauvre, pourvu que ce soit pour la plus grande grâce de Dieu. Le pape François appelle les habitants des pays riches à devenir moins riches, donc plus pauvres. En effet la richesse dont nous disposons est en grande partie prélevée sur les plus pauvres.  La terre est un héritage commun : il n’est pas permis que ses bienfaits ne profitent qu’à quelques uns. Il relie sobriété et simplicité : la sobriété c’est consommer moins, la simplicité c’est le fait d’être « un », ne pas être divisé. La sobriété favorise la simplicité et inversement. Il appelle à la sobriété pour des raisons de justice. Elle doit nous permettre de vivre mieux, de vivre davantage « Le moins est plus ». On retrouve le « davantage » d’Ignace.

 

L’option préférentielle pour les pauvres

Le pape définit l’écologie intégrale : il y a une seule crise, environnementale et sociale. Cette approche nous rappelle le « en toutes choses » d’Ignace : « L’idéal n’est pas seulement de passer de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir l’action de Dieu dans l’âme, mais aussi d’arriver à le trouver en toute chose ». Il associe systématiquement la pauvreté chez les hommes et l’exploitation de la création. La pollution touche plus fortement les plus vulnérables.  Pour nous, les pays riches, sauvegarder la création, c’est protéger ce qui reste de nature disponible chez nous, c’est l’enjeu crucial du maintien de la biodiversité nécessaire à notre survie, et ne pas importer de produits issus de la dégradation des forêts et espaces naturels des autres pays.

 

Choisir le plus urgent et le plus universel

Le plus urgent, c’est la défense de notre environnement, de notre climat. Il s’appuie sur les études scientifiques et balaye les arguments des « climato-sceptiques » qui risqueraient d’encourager notre passivité. Le plus universel c’est aussi la défense de l’environnement car le climat et les océans ne connaissent pas de frontières, leur modification touche tous les hommes, toute la création.

 

Agir au niveau politique

Ignace, (et la compagnie de Jésus à sa suite), s’attachait à la fois à aider les plus pauvres et à aider les détenteurs du pouvoir dans le discernement nécessaire à leurs décisions. L’encyclique comprend de nombreux paragraphes relatifs aux décisions politiques, qui concernent les élus mais aussi tous les citoyens dans leur action au niveau local, leur engagement ou leur vote politique. Les décisions à prendre sont d’ordre mondial. Compte tenu de l’impuissance des instances internationales l’engagement de chacun, au niveau local, est essentiel.

 

Conversion et conclusion

Sur l’ensemble des décisions à prendre, le pape considère qu’il s’agit d’une rupture radicale, d’une conversion et non d’une transition. Il faut me convertir, mais je ne pourrai pas le faire tout seul, j’ai besoin de mes frères !

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