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Ces fidèles qui ne pratiquent pas assez

Ce petit essai n’est pas la simple reprise d’un mémoire de master en théologie. Il est avant tout le fruit d’une longue amitié avec la Compagnie de Jésus qui m’a appelée à divers apostolats, et fait découvrir, bien sûr, les Exercices. C’est là, dans ce terreau spirituel qu’est né mon goût pour la théologie.

 

Mon questionnement sur les non-pratiquants est arrivé lorsqu’un beau jour, du haut de mes petites responsabilités ecclésiales, je me suis découverte la plus zélée des douanières de l’Église, armée jusqu’aux dents de tout l’attirail sociologique qui permet de caser chaque échantillon de croyant dans la bonne case, avec bien sûr, la condescendance pastorale appropriée. Il m’aura fallu plusieurs années de théologie et de pratique spirituelle, avant d’atteindre ce siège reptilien de mon cléricalisme ordinaire : « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » demande l’Éthiopien à Philippe (Ac 8, 36)… Philippe ou Valérie… nous sommes nombreux dans l’Église à avoir le pouvoir d’empêcher un rite, un sacrement. Combien de personnes ont été découragées ou empêchées d’aller plus loin durant toutes ces années ?

 

C’est ce processus d’empêchement qui a fondamentalement motivé cette enquête afin de diagnostiquer pourquoi dans mon esprit, le « pratiquant » (ou mieux, le « dévot », c’est-à-dire ce pratiquant assidu, adhérent d’une association de fidèles laïcs), s’était substitué à l’ancien « fidèle ». À l’arrière-plan du « dévot » se profile le type « disciple » fondement théologique, norme ecclésiale absolue du croyant, alors même que Jésus n’appelle que fort peu de personnes à cette suivance très particulière, et surtout qu’il côtoie bien d’autres sortes de compagnons et renvoie massivement chez elles les personnes avec ce : « Va ! ta foi t’a sauvé », si libérant.

 

Dès lors, une forme de concurrence s’est mise en place entre le baptême et l’eucharistie, conférant à celle-ci une suprématie comptable problématique tant pour elle que pour tous les autres sacrements. Or, même caché et silencieux, chaque baptisé porte en germe le Royaume des Cieux et constitue la partie immergée de cet iceberg qu’on appelle le Peuple de Dieu. Nul autre que le Christ n’a pouvoir de connaître le secret des âmes et des cœurs et certainement pas les statistiques ni les modèles scientifiques de la sociologie – par ailleurs utiles et pertinents dans leur domaine.

 

Mais la très grande surprise de cette publication par les éditions Lessius, c’est la manière dont ce petit essai est utilisé par des groupes de croyants et des acteurs pastoraux (équipes diocésaines, de doyennés, services de la CEF…) qui y trouvent quelques outils pour repenser la vocation chrétienne et la mission.

 

Et ça, c’est l’heureuse manière de continuer cette aventure spirituelle avec la Compagnie !

Valérie Le Chevalier

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