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Le Parcours Emmaüs : une formation offerte par la Communauté !

C’est avec un peu de surprise, de curiosité et d’excitation que j’ai répondu oui à l’invitation de la région à suivre le cursus Emmaüs sur 2 ans, d’octobre 2014 à mars 2015, puis de septembre 2015 à mars 2016. Le titre est à la fois prometteur et un peu énigmatique : « aide à la croissance spirituelle ». Après une première prise de de contact, on nous explique qu’il s’agit d’une approche anthropologique, philosophique et biblique de la croissance spirituelle des individus, des couples, des groupes…

Choix à deux, mon épouse est appelée en même temps et se lance dans l’aventure avec moi. Choix engageant : en plus des 5 weekends complets (10h-17h30 le samedi et 9h-17h le dimanche), une poignée d’heures de travail préparatoire en petit groupe entre chaque week-end d’enseignement et autant de travail personnel. Bigre !

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Parcours Emmaüs, cliquez ici

La première séance est un peu guindée : nous sommes une cinquantaine, nous ne nous connaissons pas. Pas encore. Deux ans plus tard, après 20 journées ensemble, sans compter les soirées de préparation ce n’est plus du tout la même chose. Nous nous connaissons, nous apprécions, avec certaines personnes l’amitié est née, avec tous la confiance, le respect mutuel et la liberté de parole se vit. Cette formation Emmaüs a été pour moi comme une transatlantique à la voile : nous sommes devenus un équipage, nous avons trouvé notre place à bord et, emmené par nos skippers nous avons traversé un océan ensemble !

Cet océan, ce sont d’abord les enseignements reçus. Ceux du samedi sont variés, denses et nombreux. Pour ma part je choisis de me laisser porter, de suivre l’enseignement prodigué, de me laisser imprégner sans vouloir tout analyser, de laisser remonter des idées, des impressions, des intuitions au fil des jours et des discussions avec mes compagnons de travail personnel. Je ne me prépare pas à passer un examen et c’est bien agréable. Il y a des moments d’anthologie, par exemple quand Dominique Salin nous déclame des vers de Baudelaire, ou quand Jacques Trublet nous lit un texte écrit par des personnes victimes d’atrocités, à la manière des psaumes : leurs mots, aux accents bibliques, résonnent avec une véracité terrible ! Il y a aussi les topos, en particulier sur la louange, ou l’attitude d’un bon accompagnateur. Ces précis m’accompagnent au quotidien.

La première année j’ai beaucoup appris à partir de cette question fondamentale : qu’est-ce que l’homme ? A l’aide de la philosophie, de l’anthropologie, de l’exégèse biblique nous avons eu des réponses. Réponses forcément partielles, mais pour moi tellement pertinentes ! J’ai aussi mieux connu, compris et apprécié le Judaïsme. J’éprouve une sympathie pour ce peuple de la bible qui a payé le prix de sa fidélité à Dieu au cours des siècles.

La deuxième année portait sur les Exercices rédigés et formalisés par Saint Ignace. L’aspect historique de la vie d’Ignace m’a beaucoup frappé : cet homme aura eu deux vies, et aura mis 20 ans à discerner sa mission et là où la vivre ! Comme lors de la première année, la philosophie, l’anthropologie et l’étude de la bible, particulièrement l’Ancien Testament seront appelées pour éclairer, mettre en perspective, appuyer les intuitions géniales d’Ignace.

Vraiment la pertinence pour le développement de l’esprit humain, l’efficacité de sa méthode, et sa souplesse attestée par bientôt 5 siècles de pratique sont pour moi le roc sur lequel se construit ma vie de chrétien. Je comprends mieux le trésor que constitue la pratique régulière de la prière d’Alliance.

 

Cet océan c’est aussi la vie communautaire. Le dimanche nous nous retrouvons en demi promotion, d’une grosse vingtaine de personne. Nous formons une communauté de destins, réunis par le hasard ou la providence pour un objectif commun. Petit à petit, à force de partager journées, travaux préparatoires, carrefours, fatigue, questions, incompréhensions, frustrations, joies, connivences et repas ensemble nous devenons compagnons. Cette expérience-là vaut bien tous les cours magistraux…

L’enseignement le dimanche fait la part belle à des récits. Récits individuels la première année, récit de communautés la deuxième. Ces récits m’ont souvent beaucoup touché et aussi dérangé. Un exercice pour moi a été de ne pas tomber dans le jugement, l’évaluation  comparative. Je pense que cela s’est fait progressivement, carrefour après carrefour, par la multiplicité et la diversité des paroles de mes compagnons. Tous ces avis divers m’ont démontré que je ne peux ni tout comprendre ni tout avoir vécu par moi-même. Modestie, respect. D’une manière similaire, ces récits de parcours de Communautés, tellement variés, m’ont donné des idées, m’ont fait relativiser les miennes et mieux goûter ce que je vis dans ma Communauté.ces deux c sont sans doute des minuscules pour cl

Le dimanche, une autre partie de la journée est dédiée à la CVX elle-même. Nous abordons successivement son histoire, ses Principes Généraux et ses Normes Particulières. Ces textes qui ne m’ont jusque-là pas beaucoup attiré ni inspiré prennent un relief nouveau. Nous échangeons autour de projets de textes préparés par le « national ». Cette dimension, par-dessus nos C.L., internationale, prend petit à petit plus d’épaisseur. C’est intéressant cette idée de corps apostolique mondial de la CVX !

 

Je réalise que j’ai mis ma confiance dans la CVX, et en retour elle me donne beaucoup. J’éprouve gratitude et attachement pour cette Communauté qui, en s’incarnant en ses membres qui nous ont formés et accompagnés ces 2 années, m’a offert cette chance par la formation Emmaüs. A 50 ans pouvoir encore grandir en humanité, dans ma foi et dans ma vie quotidienne, c’est bien un don de Dieu ! Je suis témoin de l’action de l’Esprit par ses fruits à travers mes compagnons de CVX. Chance d’avoir fait connaissance et noué des liens avec des personnes si différentes et si intéressantes !

Finalement, il me semble que mon attachement à CVX ressemble de plus en plus à un engagement. Pour reprendre à mon compte les paroles de l’évangéliste, je peux dire moi aussi « à qui donc irai-je Seigneur ? Toi seul a les paroles de Vie ».

 

Marc, parcours Emmaüs 2014-2016